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Faut-il être âgé pour gouverner ? Une réflexion philosophique à l’aune de la nomination de Gabriel Attal

Politique 4 min. de lecture 15.01.2024
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La récente nomination de Gabriel Attal au poste de Premier ministre de France à l’âge de 34 ans a ravivé un débat ancestral : l’âge est-il un facteur déterminant dans la capacité à gouverner efficacement ? Cette question interpelle autant dans les cercles politiques que philosophiques, soulevant des arguments variés et parfois contradictoires. Je vous propose d’explorer la position de deux grands penseurs sur cette question.

1. Le point de vue d’Aristote (384-322 av. J.-C.)

Pour Aristote, trois qualités sont essentielles pour gouverner :

La prudence

Pour Aristote, la prudence (ou « phronesis » en grec) est une vertu cardinale, essentielle à la gouvernance éthique et efficace. Dans sa conception, la prudence est bien plus que la simple sagesse : elle représente une forme de raison pratique qui guide les décisions morales et politiques. Cette vertu, selon Aristote, ne s’acquiert pas à la naissance, mais se développe à travers l’expérience vécue et la réflexion.

L’expérience et la maturité

Aristote soutient que l’expérience joue un rôle crucial dans le développement de la prudence. Les années vécues offrent une multitude de situations et de défis qui, une fois surmontés et compris, enrichissent la capacité de jugement d’un individu. Pour Aristote, un dirigeant plus âgé, ayant accumulé des années d’expériences diverses, est mieux équipé pour prendre des décisions éclairées et justes.

La compréhension du contexte politique et social

Dans la vision aristotélicienne, le contexte politique et social est également important. Un dirigeant doit comprendre non seulement les principes moraux, mais aussi la nature complexe de la société qu’il gouverne. Cette compréhension approfondie est souvent le fruit d’années d’observation et d’interaction avec divers aspects de la société, un avantage que les dirigeants plus âgés tendent à posséder.

Au-delà de l’âge, la position défendue par Aristote est celle de la nécessité de l’expérience. Dans le cas qui nous occupe, la position d’Aristote serait la suivante : comment Gabriel Attal, un jeune homme brillant qui n’a pas connu le chômage ou la précarité, le deuil, qui ne sait même pas ce que c’est que d’avoir une famille, pourrait-il gouverner un pays et prendre des décisions sur des sujets aussi importants que l’emploi ou l’école ?

2. Le point de vue de John Stuart Mill (1806-1873)

Pour John Stuart Mill, la jeunesse est porteuse de talents essentiels pour gouverner.

Le goût pour l’innovation

John Stuart Mill, philosophe et économiste britannique du XIXe siècle, est célèbre pour ses idées progressistes sur la liberté individuelle et la société. Mill valorisait l’innovation et la remise en question des normes établies, des traits souvent associés à la jeunesse. Dans sa vision, les jeunes dirigeants apportent des perspectives nouvelles et sont moins enclins à adhérer aveuglément aux traditions.

L’adaptabilité et le sens du changement

Mill croyait fermement à l’importance de l’adaptabilité dans un monde en constante évolution. Pour lui, la capacité à s’adapter aux changements rapides et à intégrer de nouvelles informations était essentielle. Il voyait la jeunesse comme un atout dans ce domaine, car les jeunes sont souvent plus ouverts aux nouvelles idées et plus aptes à naviguer dans des environnements changeants.

Une démocratie participative

En outre, Mill était un ardent défenseur de la démocratie participative. Il soutenait que tous les membres de la société, y compris les jeunes, devraient avoir une voix dans le gouvernement. Cette approche inclut l’idée que les jeunes apportent des perspectives essentielles qui peuvent contribuer à une gouvernance plus dynamique et représentative.

Au-delà de l’âge, Mill voit dans le fait pour un pays d’avoir de jeunes dirigeants un signe de bonne santé démocratique. Cela signifie que le pays est capable de renouveler ses dirigeants, apportant une vision nouvelle aux problèmes. Intégrer de jeunes dirigeants, c’est permettre aux jeunes d’être représentés, au moins symboliquement au sein du corps politique.

Conclusion

Vous vous réjouirez ou non de la nomination de Gabriel Attal à l’âge de 34 ans en fonction de vos valeurs et de votre vision philosophique de la gouvernance et de la démocratie.

Si vous avez une vision plutôt élitiste de la démocratie, ce que l’on pourrait traduire par le désir d’une « République des sages », vous aurez tendance à penser que seules des personnes qui ont eu de nombreuses expériences de vie peuvent gouverner. Si vous avez une vision plus ouverte et horizontale de la démocratie, vous serez enclin à considérer que la jeunesse en matière de gouvernance est au contraire un atout voire une véritable chance pour le pays.

Auteur : Dr Emeric Lebreton, cofondateur et dirigeant du groupe ORIENTACTION (15/01/2024)

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