Les risques psychosociaux (RPS) figurent aujourd’hui parmi les principales préoccupations des employeurs et des services de ressources humaines.
Stress chronique, épuisement professionnel, perte de sens ou mal-être : leurs conséquences pèsent à la fois sur la santé des salariés et sur la performance des organisations.
Mais avant de pouvoir prévenir ces risques, encore faut-il comprendre ce qui les provoque. Quels sont donc les principaux facteurs de risques psychosociaux, et comment les repérer au sein d’une entreprise ?
Qu’entend-on par risques psychosociaux ?
Les risques psychosociaux désignent l’ensemble des situations de travail susceptibles de porter atteinte à la santé mentale, physique et sociale des salariés.
Contrairement à une idée répandue, ils ne relèvent pas d’une simple fragilité individuelle : ils trouvent leur origine dans l’organisation du travail, les relations professionnelles et les conditions d’emploi.
On distingue généralement trois grandes manifestations : le stress lié au travail, les violences internes (conflits, harcèlement moral ou sexuel) et les violences externes (agressions provenant de personnes extérieures à l’entreprise, comme des clients ou des usagers).
Les six grandes familles de facteurs de risques
En France, les spécialistes s’appuient le plus souvent sur les travaux du rapport Gollac, qui regroupent les facteurs de RPS en six grandes familles :
- L’intensité et le temps de travail : surcharge, délais intenables, objectifs irréalistes, interruptions fréquentes, horaires atypiques ou amplitude horaire excessive.
- Les exigences émotionnelles : nécessité de masquer ses émotions, contact régulier avec la souffrance d’autrui, tensions avec le public ou peur de mal faire.
- Le manque d’autonomie : faibles marges de manœuvre, tâches répétitives, absence de participation aux décisions ou sous-utilisation des compétences.
- La dégradation des rapports sociaux : management distant, manque de reconnaissance, conflits non régulés, isolement, harcèlement.
- Les conflits de valeurs : sentiment de réaliser un travail inutile, qualité empêchée, contradiction entre les consignes et son éthique professionnelle.
- L’insécurité de la situation de travail : crainte du licenciement, changements mal accompagnés, précarité de l’emploi ou incertitude sur l’avenir.
Ces facteurs agissent rarement de façon isolée. C’est leur accumulation et leur durée dans le temps qui, le plus souvent, dégradent la santé psychologique des équipes.
Comment identifier les facteurs de RPS dans son organisation ?
Repérer ces facteurs ne s’improvise pas. La démarche suppose une évaluation rigoureuse et objective de l’environnement de travail, à distance des impressions subjectives.
C’est précisément l’objet des diagnostics rps, qui permettent de mesurer le niveau d’exposition des collaborateurs à partir de questionnaires, d’entretiens individuels ou collectifs et d’observations de terrain.
En croisant des données quantitatives et qualitatives, ces diagnostics offrent une cartographie précise des situations à risque et des leviers d’action prioritaires.
Au-delà de cette évaluation structurée, plusieurs indicateurs doivent alerter les directions : hausse de l’absentéisme, turnover élevé, multiplication des arrêts maladie, baisse de la productivité, augmentation des tensions ou des signalements.
Ces signaux faibles, lorsqu’ils sont analysés ensemble, révèlent souvent une exposition réelle aux facteurs de risques psychosociaux.
Pourquoi agir sur ces facteurs ?
Agir en amont relève d’abord d’une obligation légale : le Code du travail impose à l’employeur d’évaluer et de prévenir les risques professionnels, y compris psychosociaux, notamment via le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP).
Mais l’enjeu est aussi humain et économique. Un environnement de travail mieux maîtrisé réduit l’absentéisme et le turnover, améliore l’engagement et la qualité de vie au travail, et renforce durablement la marque employeur. Investir dans la prévention coûte presque toujours moins cher que de subir les conséquences d’une crise sociale ou de santé.
En résumé
Les facteurs de risques psychosociaux sont multiples, souvent imbriqués, et liés avant tout à l’organisation du travail plutôt qu’aux individus.
Intensité, exigences émotionnelles, manque d’autonomie, rapports sociaux dégradés, conflits de valeurs et insécurité de l’emploi constituent les grandes catégories à surveiller.
Les identifier précisément, grâce à une évaluation structurée et à des diagnostics rps adaptés, demeure la condition d’une prévention durable, efficace et respectueuse de la santé des collaborateurs.
Par le Dr Emeric Lebreton, docteur en psychologie, écrivain et PDG du groupe ORIENTACTION
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