C’est la décision la plus importante de tout le parcours, et paradoxalement celle à laquelle on consacre le moins de temps.
Choisir le diplôme visé conditionne la recevabilité, la difficulté du dossier, la charge de travail et, au bout du compte, la réussite. Un mauvais choix ne se rattrape pas en cours de route.
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Partir du référentiel, pas du titre
L’erreur classique consiste à choisir un diplôme sur son intitulé, parce qu’il « sonne juste » ou qu’il correspond au métier exercé. Or ce qui compte n’est pas le nom du diplôme, mais son référentiel : la liste précise des activités et des compétences qu’il atteste. Deux certifications au titre proche peuvent recouvrir des réalités très différentes.
La bonne méthode consiste donc à se procurer les référentiels des certifications envisagées et à les lire ligne à ligne, en se demandant pour chaque bloc : « ai-je réellement exercé cela, et puis-je le prouver ? » Ce travail, un peu aride, évite des mois d’efforts mal orientés.
Viser juste, ni trop haut ni trop bas
Deux excès guettent. Viser trop haut expose à un dossier que l’expérience ne soutient pas : le jury le perçoit immédiatement et la validation sera au mieux partielle. Viser trop bas conduit à obtenir un diplôme qui n’apporte rien de plus que ce que l’on démontre déjà par son parcours. Le bon niveau est celui qui reflète la réalité de vos responsabilités actuelles.
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Diplôme d’État, titre professionnel ou certificat de branche ?
Le paysage des certifications comporte plusieurs familles : diplômes d’État délivrés par les ministères, titres professionnels, certificats de qualification professionnelle portés par les branches, diplômes universitaires. Toutes ne se valent pas selon l’usage visé. Pour exercer une profession réglementée, seul le diplôme d’État correspondant ouvre le droit d’exercer ; pour valoriser une expertise sur le marché du travail, un titre professionnel reconnu peut suffire.
Partir de l’usage plutôt que du diplôme
La question à se poser en premier n’est pas « quel diplôme puis-je obtenir ? » mais « à quoi doit-il me servir ? ». Accéder à un concours, débloquer une évolution interne, s’installer à son compte, sécuriser son emploi, changer de secteur : chaque objectif oriente vers une certification différente. Cette clarification préalable est exactement ce que permet un bilan de compétences, lorsque l’on hésite entre plusieurs voies.
Vérifier l’accessibilité par la VAE
Toutes les certifications ne sont pas ouvertes à la VAE, et certaines imposent des conditions particulières. Cette vérification doit intervenir tôt, auprès du certificateur, avant tout investissement de temps. C’est une composante à part entière du travail de mise en correspondance entre expérience et certification.
Se faire accompagner
Choisir seul son diplôme, c’est arbitrer sans connaître le paysage des certifications ni les usages des jurys. Un accompagnement apporte cette connaissance : il compare les référentiels, évalue la correspondance avec votre parcours et vous oriente vers la certification la plus atteignable au regard de votre objectif. C’est le meilleur moment pour se faire aider, bien avant la rédaction du dossier.
Comparer plusieurs certifications avant de trancher
Une bonne pratique consiste à ne jamais s’arrêter à la première certification trouvée. En comparant deux ou trois référentiels proches, on découvre presque toujours que l’un correspond nettement mieux à son expérience réelle, parfois pour des raisons inattendues : un bloc de compétences que l’on maîtrise particulièrement bien, ou au contraire un module inaccessible faute d’avoir jamais exercé cette activité.
Cette comparaison prend quelques heures et évite des mois d’efforts mal orientés. C’est probablement le meilleur rapport entre temps investi et risque évité de toute la démarche.
Attention aux diplômes proches mais non équivalents
Certaines familles de certifications comportent des titres aux intitulés très voisins, portés par des certificateurs différents, avec des débouchés et des reconnaissances qui ne se recouvrent pas. Dans le secteur social, le sanitaire ou la sécurité notamment, deux diplômes apparemment similaires n’ouvrent pas les mêmes droits d’exercice. Vérifier ce que chaque titre autorise concrètement, et pas seulement ce qu’il atteste, fait partie du choix.
Un choix qui se valide auprès du certificateur
Une fois la certification pressentie, un échange avec le certificateur permet de confirmer son accessibilité par la VAE, ses éventuelles conditions particulières et le calendrier de ses jurys. Cette prise de contact précoce, souvent négligée, évite de découvrir tardivement une contrainte rédhibitoire et donne des repères précieux pour organiser la suite du parcours.
Il est enfin utile de garder à l’esprit que ce choix n’est pas irréversible tant que la recevabilité n’a pas été déposée. Explorer plusieurs pistes, en discuter, revenir en arrière fait partie du processus normal — mieux vaut hésiter quelques semaines de plus que s’engager un an dans la mauvaise direction.
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FAQ
Comment choisir le diplôme à viser en VAE ?
En partant du référentiel d’activités et de compétences plutôt que de l’intitulé, et en vérifiant que la majorité des blocs correspondent à une expérience réelle et démontrable.
Vaut-il mieux viser un diplôme élevé ?
Non : le bon niveau est celui qui reflète vos responsabilités réelles. Viser trop haut expose à une validation partielle, viser trop bas n’apporte rien de plus.
Toutes les certifications sont-elles accessibles par VAE ?
Non : certaines sont fermées ou soumises à des conditions particulières, notamment dans les professions réglementées ; il faut vérifier auprès du certificateur.
Par le Dr Emeric Lebreton, docteur en psychologie, écrivain et PDG du groupe ORIENTACTION
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