Pas au sens où on l’entend habituellement. Produire des idées, des variantes et des formes est précisément ce qu’un modèle génératif fait en volume et à bas coût — un usage déjà massif : plusieurs enquêtes sectorielles situent autour de 80 % la part des professionnels créatifs qui intègrent désormais l’IA générative dans leur processus de travail.
Ce qui reste protégé dans les métiers créatifs est le choix de ce qui mérite d’être fait, et la responsabilité de ce choix devant un commanditaire.
Ce que la génération automatique fait bien
Elle produit de la quantité et de la variation. Trente accroches, quarante déclinaisons visuelles, dix structures de récit : sur ce terrain, la comparaison est défavorable à l’humain et le restera. Une part importante du travail créatif en agence consistait à produire ce volume, et cette part se contracte.
Elle produit aussi une qualité moyenne correcte, ce qui déplace le seuil : ce qui était acceptable il y a trois ans est devenu ordinaire.
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Ce qu’elle ne fait pas
Elle ne décide pas de l’intention. Savoir ce qu’il faut dire, à qui, dans quel contexte et pourquoi maintenant suppose une compréhension de la situation qui n’est pas dans le brief. C’est le travail de cadrage, et il précède toute production.
Elle ne tranche pas non plus. Devant trente propositions, quelqu’un doit choisir, expliquer le choix et le défendre. Ce moment est celui où se joue la valeur, et il n’a pas changé de nature.
Elle n’assume pas enfin. Un parti pris qui déplaît, une prise de risque esthétique, une position assumée devant un client ou un public : ces décisions engagent une personne.
Ce que cela change pour un métier créatif
Le déplacement va de l’exécution vers la direction. La valeur se concentre sur le cadrage, la sélection et la défense du choix, et se retire de la production de variantes. C’est une bonne nouvelle pour les profils expérimentés et un vrai problème d’entrée dans le métier : les postes juniors reposaient largement sur la production de volume.
Où porter l’effort
Sur la capacité de cadrage : comprendre l’enjeu d’un commanditaire mieux qu’il ne le formule, et le reformuler en intention claire. Sur l’argumentation : savoir dire pourquoi cette proposition et pas une autre. Sur la culture du domaine, qui est ce qui permet de reconnaître ce qui a déjà été fait cent fois.
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FAQ
Les métiers créatifs sont-ils menacés ?
Ils se transforment plus qu’ils ne disparaissent, avec un déplacement marqué de la production vers la direction. Les postes d’exécution en volume sont les plus touchés.
Faut-il utiliser ces outils quand on est créatif ?
Les refuser par principe prive d’un gain de temps sur le volume, sans protéger la partie exposée. Les utiliser en gardant la main sur le cadrage et la sélection est la position la plus solide.
La plupart des créatifs utilisent-ils déjà l’IA générative ?
Oui, très largement : l’usage s’est généralisé en quelques années dans la plupart des métiers créatifs, ce qui déplace déjà la question de « si » vers « comment » l’utiliser sans perdre la main sur le cadrage.
Par le Dr Emeric Lebreton, docteur en psychologie, écrivain et PDG du groupe ORIENTACTION
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