C’est l’exercice le plus déroutant de la VAE. On demande à des professionnels compétents de mettre par écrit ce qu’ils font naturellement, souvent sans y penser.
Or l’automatisme est l’ennemi de la démonstration : plus une compétence est maîtrisée, moins on la voit — et moins on sait l’expliquer.
Votre expérience vaut peut-être déjà un diplôme. Découvrir l’accompagnement VAE →
Décrire une situation de travail qui convainc un jury demande donc une méthode. Elle n’a rien de littéraire : il s’agit de rendre visible un raisonnement professionnel.
Choisir une situation qui a de la matière
Toutes les situations ne se valent pas. Une tâche routinière, exécutée à l’identique chaque jour, montre peu de choses. Une situation qui a demandé de comprendre un contexte, d’arbitrer entre plusieurs options, de s’adapter à un imprévu ou de coordonner plusieurs interlocuteurs révèle en revanche des compétences réelles.
Le bon réflexe consiste à chercher dans sa mémoire professionnelle les moments où quelque chose n’était pas évident : un dossier délicat, un conflit à désamorcer, une organisation à revoir, une urgence à traiter. C’est là que la compétence se voit.
Poser le contexte, sans s’y perdre
Le jury a besoin de comprendre le cadre : quelle structure, quel service, quels moyens, quel public, quelle place occupiez-vous. Quelques lignes suffisent. L’erreur inverse — trois pages de présentation de l’entreprise avant d’arriver au sujet — est fréquente et fait perdre le lecteur avant même la démonstration.
« J’ai effectué mon bilan de compétences avec Mme Isabelle Nemoz et j’ai été pleinement satisfaite de son accompagnement. J’ai particulièrement apprécié sa dimension humaine et sa bienveillance, qui m’ont permis d’établir très rapidement un climat de confiance. »
— Avis client Google — ORIENTACTION Lyon
Vous hésitez encore sur la direction à prendre ? Découvrir le bilan de compétences →
Expliciter le raisonnement, pas seulement l’action
C’est le cœur de l’exercice. Entre « j’ai réorganisé le planning » et « constatant que les absences se concentraient en fin de semaine, j’ai analysé les causes, envisagé deux organisations possibles, retenu celle qui préservait la continuité du service, puis accompagné l’équipe dans le changement », la différence n’est pas stylistique : la seconde formulation montre une compétence, la première un fait.
Quatre questions structurent utilement chaque situation : quel était le problème ou l’enjeu ? qu’avez-vous envisagé ? qu’avez-vous fait, et pourquoi ainsi ? qu’est-ce que cela a produit ? Ce schéma simple suffit à faire passer un parcours du récit à la démonstration.
Assumer le « je »
Beaucoup de candidats écrivent « nous » par habitude professionnelle ou par modestie. C’est un handicap direct : le jury évalue vos compétences, pas celles de votre équipe. Il faut donc distinguer nettement ce que vous avez personnellement fait, décidé ou porté, de ce qui relevait du collectif. Cette clarification n’est pas de la vanité, c’est une exigence de l’exercice.
Rester factuel et vérifiable
Les affirmations générales — « je suis rigoureux », « j’ai le sens du contact » — n’apportent rien. Ce qui compte, ce sont les faits, les procédures suivies, les documents produits, les résultats observés. Un jury retient une situation précise et racontée avec justesse bien mieux qu’une liste de qualités affirmées.
Se faire accompagner
C’est sur cet exercice que le regard extérieur est le plus précieux : un accompagnateur repère immédiatement ce qui reste implicite, ce qui relève de la description et ce qui manque pour que la compétence soit démontrée. Il pose les questions que le jury poserait, et permet d’y répondre dans le dossier plutôt qu’à l’oral, dans l’urgence.
Varier les situations plutôt que les répéter
Un réflexe fréquent consiste à revenir sur la même situation phare pour illustrer plusieurs compétences. C’est rarement une bonne idée : le jury a besoin de voir la compétence à l’œuvre dans des contextes différents pour être convaincu qu’elle est stable et transférable. Puiser dans plusieurs périodes, plusieurs structures ou plusieurs types de publics donne une image bien plus solide de votre professionnalisme.
Cela permet aussi de couvrir des blocs que la situation principale n’aurait pas éclairés, et d’éviter l’effet de redite qui affaiblit un dossier.
Écrire avec ses mots
Une inquiétude revient chez beaucoup de candidats : faut-il adopter un vocabulaire technique ou universitaire ? La réponse est non. Un jury préfère une langue simple, précise et concrète à un jargon plaqué. Ce qui est évalué, c’est la maîtrise professionnelle, pas la capacité à imiter un style académique. Écrire comme on parlerait à un collègue expérimenté, en prenant soin d’expliciter ce qui va de soi, donne les meilleurs résultats.
Se relire à froid
Un texte écrit le soir après une journée de travail paraît souvent limpide sur le moment et beaucoup moins quelques jours plus tard. Laisser reposer chaque situation quarante-huit heures avant de la relire fait apparaître les raccourcis, les sous-entendus et les passages où l’on a supposé que le lecteur comprendrait. C’est un réflexe simple qui améliore nettement la qualité d’un dossier, sans coût ni compétence particulière.
La VAE est-elle faite pour vous ? Faire le test en 3 minutes →
FAQ
Comment décrire une situation de travail en VAE ?
En posant brièvement le contexte, puis en explicitant l’enjeu, les options envisagées, l’action menée et ses raisons, ainsi que le résultat obtenu.
Faut-il écrire « je » ou « nous » ?
« Je » : le jury évalue vos compétences personnelles. Il faut distinguer nettement ce que vous avez fait, décidé ou porté de ce qui relevait du collectif.
Quelles situations choisir ?
Celles qui ont demandé de comprendre un contexte, d’arbitrer, de s’adapter ou de coordonner — les tâches routinières montrent peu de compétences.
Par le Dr Emeric Lebreton, docteur en psychologie, écrivain et PDG du groupe ORIENTACTION
Dossier de validation VAE : la méthode par blocs de compétences
7 min. de lecture
Recevabilité de la VAE : constituer un dossier qui passe
7 min. de lecture
VAE : quelles conditions pour valider son expérience ?
7 min. de lecture
Nouveau : testez vos “soft skills” avec ORIENTACTION
3 min. de lecture
Se reconstruire après un burnout : pourquoi le bilan de compétences ORIENTACTION peut vous y aider ?
6 min. de lecture
Reconversion professionnelle à 30 ans : choisir sa vie plutôt que subir sa carrière
10 min. de lecture
Découvrez le test des 32 personnalités Préférences® créé par Emeric Lebreton, docteur en psychologie
2 min. de lecture
Comment financer un bilan de compétences en 2026 : CPF, employeur, ANFH, aides sociales
14 min. de lecture
Se reconvertir d’infirmière à consultante en bilan de compétences
8 min. de lecture


